Bonne nouvelle pour ceux qui ont commencé à travailler jeune

La réforme de 2023 prévoyait de relever progressivement l'âge légal de départ à 64 ans. Cette hausse est suspendue jusqu'en 2028, et cette pause concerne aussi le départ anticipé pour carrière longue. Conséquence concrète : pour beaucoup d'assurés ayant commencé tôt, l'âge de départ recule de quelques mois.

L'Assurance retraite vient de publier le détail année par année. Si vous êtes né entre 1964 et 1970 et que vous avez débuté votre activité avant 20 ans, voici ce qui change pour vous.

Les conditions, d'abord

Le principe de la carrière longue n'a pas bougé. Vous pouvez partir avant l'âge légal si vous avez commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans. Mais ce n'est pas le seul critère : il faut aussi avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l'année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans (4 trimestres si vous êtes né au dernier trimestre de l'année, ou si votre carrière a débuté comme non-salarié agricole).

Autrement dit, tout se joue sur vos toutes premières années de travail. C'est précisément là que les relevés de carrière sont le plus souvent incomplets.

Le tableau : âge de départ si vous avez travaillé avant 20 ans

Année de naissanceÂge de départTrimestres requis
196460 ans et 6 mois170
1er janv. → 31 mars 196560 ans et 9 mois170
1er avr. → 30 nov. 196560 ans et 9 mois171
1er déc. → 31 déc. 196560 ans et 8 mois171
196660 ans et 9 mois172
196761 ans172
196861 ans et 3 mois172
196961 ans et 6 mois172
197061 ans et 9 mois172

Pour les générations 1966 à 1970, l'âge indiqué est inférieur de 3 mois à ce que prévoyait la réforme avant la suspension. Quelques mois de pension touchés plus tôt, ce n'est pas anodin.

Le « piège » du 1er septembre 2026

Ces nouvelles conditions s'appliquent uniquement aux retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026. C'est le point que beaucoup oublient : liquider trop tôt, c'est passer à côté de l'avantage. À l'inverse, décaler son départ de quelques semaines peut, dans certains cas, faire basculer du côté favorable du barème.

La règle d'or : raisonner toujours en « 1er du mois », jamais en date butoir de fin d'année.

À surveiller : deux trimestres pour les enfants

L'Assurance retraite annonce une mesure complémentaire : deux trimestres accordés pour la naissance, l'éducation ou l'adoption d'un enfant *pourraient* être retenus pour ouvrir le droit au départ anticipé carrière longue.

Attention : cette mesure n'est pas encore en vigueur. L'Assurance retraite indique que les décrets la précisant « seront publiés prochainement ». Tant qu'ils ne sont pas parus, c'est une piste à suivre, pas un droit acquis. Aucune date de départ ne doit être posée en comptant dessus aujourd'hui.

Pourquoi un relevé exact change tout

Le tableau est clair, mais il ne vaut que si votre relevé de carrière l'est aussi. Un trimestre « jeune » non reporté, un job d'été, un apprentissage, un premier CDD mal enregistré, et vous ne validez plus les 5 trimestres requis avant la fin de l'année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans. Le droit à la carrière longue saute, parfois pour un seul trimestre manquant.

C'est l'erreur que nous corrigeons le plus souvent : des assurés éligibles qui se croient hors délai, ou des dates de départ posées au mauvais moment.

Ce que nous faisons pour vous

Avant de fixer une date de départ, un audit retraite (690 € TTC) vérifie ligne à ligne que vos premières années de travail sont bien validées, confirme votre éligibilité à la carrière longue, et cale la date d'effet au bon « 1er du mois ». Si une régularisation est nécessaire, notre accompagnement (1 490 € TTC) prend en charge les démarches jusqu'au bout.

Quelques mois de retraite gagnés se décident maintenant, pas le jour du départ.