Le congé supplémentaire de naissance est utilisable depuis le 1er juillet 2026. La presse a beaucoup parlé de sa durée et de son indemnisation, très peu de son effet sur la retraite. Cet effet est pourtant écrit noir sur blanc dans le décret n° 2026-425 du 30 mai 2026 : il suffit de 58 jours d'indemnisation au titre de ce congé pour valider un trimestre de retraite. Voici ce que cela change concrètement, y compris pour les indépendants.

La règle : un trimestre pour 58 jours indemnisés

Le décret insère dans le Code de la sécurité sociale (article R. 351-12) une règle propre à ce congé : un trimestre est décompté « pour chaque période, continue ou non, durant laquelle l'assuré a bénéficié de cinquante-huit jours d'indemnisation au titre du congé supplémentaire de naissance ».

Trois points méritent d'être soulignés :

En pratique : un congé de 2 mois indemnisés (environ 60 jours) valide 1 trimestre. Un congé limité à 1 mois (une trentaine de jours) reste sous le seuil et ne valide aucun trimestre à ce titre.

Rappel : qui a droit à ce congé, et avec quelle indemnisation

Le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, permet à chaque parent de prendre 1 ou 2 mois de congé indemnisé en plus des congés maternité, paternité et accueil de l'enfant ou d'adoption, pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026. Il doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance ; pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, ce délai court à compter du 1er juillet 2026.

Pour les salariés, l'indemnisation atteint 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le deuxième, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, selon ameli.fr.

Indépendants : vous y avez droit aussi, avec des conditions spécifiques

C'est un point que beaucoup de travailleurs non salariés ignorent : le congé est ouvert aux artisans, commerçants et professions libérales (y compris praticiens et auxiliaires médicaux), aux conjoints collaborateurs et aux artistes-auteurs. L'Assurance maladie précise les conditions pour un indépendant :

L'indemnité journalière des indépendants est forfaitaire, avec le même abattement que les salariés : 70 % le premier mois, 60 % le second.

Pour un indépendant, l'arbitrage est réel : suspendre temporairement son activité a un coût commercial, mais la période indemnisée sécurise un trimestre assimilé, ce qui peut compter dans une année où le revenu cotisé serait de toute façon faible. Rappel utile : en 2026, il faut 1 803 € de revenu brut soumis à cotisations pour valider un trimestre par le travail.

Un trimestre « assimilé » compte dans la durée d'assurance totale, mais ce n'est pas un trimestre cotisé. La circulaire CNAV 2026-17 du 12 juin 2026, qui liste les périodes « réputées cotisées » pour la retraite anticipée carrière longue, ne mentionne pas le congé supplémentaire de naissance. À ce jour, aucun texte ne prévoit expressément les modalités de prise en compte de ce trimestre assimilé dans le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue. La prudence reste donc de mise.

Le réflexe qui vaut plus que la règle : vérifier son relevé de carrière

Ce trimestre ne vaudra que s'il apparaît effectivement sur votre relevé de carrière. Or les périodes familiales (maternité, congé parental, AVPF, et désormais congé de naissance) sont, dans notre expérience d'audit, parmi les plus souvent absentes ou mal reportées des relevés, en particulier pour les carrières mixtes salarié puis indépendant. Un dispositif tout neuf, géré entre l'Assurance maladie, la Caf et les caisses de retraite, mérite une vigilance renforcée les premières années.

En résumé