Une carrière complète au SMIC, des années de temps partiel, des revenus d'indépendant modestes : le calcul classique de la retraite peut aboutir à une pension de base très faible. C'est précisément pour ces situations qu'existe le minimum contributif, dit MICO. En 2026, il peut porter la pension de base à 756,29 € par mois, et même à 903,93 € dans sa version majorée. Encore faut-il remplir des conditions précises, et c'est là que beaucoup de dossiers se jouent.
Le minimum contributif, comment ça marche
Le MICO est un plancher de pension de base du régime général. Il concerne les salariés, mais aussi les artisans et commerçants, dont la retraite de base suit les mêmes règles. Quatre conditions cumulatives :
- partir au taux plein : soit avec tous ses trimestres, soit à 67 ans (âge d'annulation de la décote), soit au titre d'un dispositif ouvrant le taux plein comme l'inaptitude ;
- avoir une pension de base calculée inférieure au minimum ;
- ne pas dépasser un plafond de pensions personnelles tous régimes confondus, complémentaires comprises ;
- avoir fait valoir l'ensemble de ses retraites, de base et complémentaires, en France comme à l'étranger.
La caisse applique le MICO au moment de la liquidation, sans démarche particulière. Si la carrière au régime général est incomplète, le minimum est versé au prorata des trimestres.
Montants 2026 (revalorisés de +1,18 % au 1er janvier, indexation sur le SMIC) : 756,29 € par mois pour le MICO de base, 903,93 € par mois pour le MICO majoré à son maximum. La différence, jusqu'à 147,64 € par mois soit environ 1 772 € par an, dépend d'une seule condition : les trimestres cotisés.
120 trimestres cotisés, pas seulement validés
Pour ouvrir droit à la majoration, il faut justifier d'au moins 120 trimestres cotisés, tous régimes confondus, c'est-à-dire environ 30 ans de travail effectif ayant donné lieu à cotisations. Attention : atteindre 120 trimestres cotisés ne donne pas automatiquement les 903,93 €. La majoration est proportionnelle à la durée cotisée : elle est versée au prorata des trimestres cotisés rapportés à la durée requise de votre génération. Exemple officiel (Service-public) pour un assuré né en 1964 avec 135 trimestres cotisés sur 170 requis : 756,29 € + 147,64 € x 135/170, soit environ 873,53 € par mois. Le montant plein de 903,93 € suppose une durée requise entièrement cotisée.
C'est la nuance qui piège le plus de monde : un trimestre validé n'est pas forcément un trimestre cotisé. Les périodes de chômage, de maladie ou d'invalidité sont des trimestres assimilés : ils comptent pour atteindre le taux plein, mais pas dans les 120 trimestres de la majoration. Une carrière longue mais entrecoupée peut donc ouvrir le MICO de base sans jamais atteindre le MICO majoré, parfois à deux ou trois trimestres près.
Le plafond de 1 444,89 € et le piège de la date
Le MICO n'est versé que si le total des pensions personnelles (base + complémentaires, Agirc-Arrco ou RCI comprises) ne dépasse pas un plafond mensuel. Depuis le 1er juin 2026, ce plafond est fixé à 1 444,89 € par mois (contre 1 410,89 € auparavant), suite à la hausse du SMIC (circulaire Cnav 2026-16 du 12 juin 2026). Si le MICO fait dépasser ce plafond, il est réduit d'autant.
Point capital : ce plafond s'apprécie à la liquidation. Le relèvement de juin 2026 profite aux personnes qui partent à la retraite à compter de cette date, avec un total de pensions compris entre les deux valeurs. Il ne rouvre aucun droit aux retraités déjà en paiement : une pension liquidée n'est pas recalculée quand le plafond monte.
Les montants du MICO (756,29 € et 903,93 €) sont figés jusqu'au 31 décembre 2026 : ils sont calés sur le SMIC du 1er janvier. La hausse du SMIC de juin 2026 ne sera répercutée qu'au 1er janvier 2027 ; le montant exact de 2027 n'est pas encore connu.
Indépendants : trois points de vigilance
Les artisans et commerçants ont droit au MICO dans les mêmes conditions que les salariés, tout comme les professions libérales non réglementées, rattachées au régime général des indépendants depuis 2018. Les professions libérales réglementées (CNAVPL, CIPAV) relèvent en revanche de règles propres à leur caisse : ne pas transposer.
- Micro-entrepreneurs : pas de cotisation minimale par défaut. Une année à faible chiffre d'affaires peut ne valider aucun trimestre cotisé, ce qui éloigne à la fois le taux plein et les 120 trimestres de la majoration. Les indépendants au réel bénéficient, eux, d'une cotisation minimale garantissant 3 trimestres par an.
- Rachat Madelin : réservé aux indépendants, il porte sur les années d'activité à revenu insuffisant. Les trimestres ainsi rachetés sont des trimestres cotisés, retenus notamment pour la durée cotisée exigée par le MICO majoré (fiche CNAV 4.14). Un levier à chiffrer quand il manque quelques trimestres.
- Dernière année d'activité : le revenu définitif est connu tard et la régularisation des cotisations arrive après. Vérifier que tous les trimestres attendus sont bien inscrits avant de fixer sa date de départ.
En résumé
Le minimum contributif garantit en 2026 une pension de base d'au moins 756,29 € par mois pour une carrière complète au taux plein, portée jusqu'à 903,93 € grâce à une majoration ouverte à partir de 120 trimestres cotisés et proportionnelle à la durée cotisée. Tout se joue sur trois vérifications : le décompte précis des trimestres cotisés (et non simplement validés), le total des pensions face au plafond de 1 444,89 € apprécié à la liquidation, et le bon positionnement de la date de départ. Pour un indépendant, s'y ajoutent le contrôle des années à faible revenu et l'éventuel rachat Madelin. Autant de points qui se vérifient sur le relevé de carrière, avant de liquider.